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Safe piercing, mode d’emploi
“Cela
ne sert à rien d’avoir un bel autoclave et un beau
stérilisateur sur sa table : il faut savoir s’en
servir”, explique Jean-Baptiste Guiard Schmid (voir
papier de tête). Il n’y a donc pas de recette
miracle pour distinguer un bon pierceur, même si
l’ont peut se fier à quelques signes. On peut en
effet regarder l’état général du salon, regarder
les certificats accrochés aux murs. Il est préférable
que la boutique comporte une salle d’acceuille, une
salle de piercing et une salle de stérilisation. Il
ne faut pas hésiter à demander à voir l’autoclave
(encore faut-il savoir à quoi ça ressemble). Faire
attention à ce que les outils réutilisés sortent
d’une pochette hermétique et stérilisée. Le
pierceur doit changer de gants à chaque fois qu’il
touche à quelque chose. Il vaut mieux vérifier que
vous n’êtes pas sujet à des contre-indications médicales.
Par exemple, un fort taux de diabète, une maladie de
peau, un traitement à base de cortisone ou
d’anti-inflammatoires peuvent être d’importants
facteurs de complications. De la même manière, une
fois le bijou posé, ne relâchez pas votre attention.
En effet, la cicatrisation étant toujours longue (de
3 à 6 mois), elle implique des soins rigoureux et réguliers.
Préférez un piercing à l’aiguille plutôt qu’à
l’archaïque cathéter qui allonge la durée de
cicatrisation.
La
pratique du piercing s’est banalisée ces dernières
années. Mais en dépit des risques sanitaires, il
n’existe encore aucune réglementation en la matière.
Piercing
: le trou noir sanitaire
Le
piercing n’est pas une pratique récente. En
effet, les Mayas se perçaient déjà la langue.
Mais, depuis bientôt cinq ans, c'est devenu un véritable
phénomène de
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"Lors
d'un piercing, les risques d’hépatites
sont réels, tout comme ceux liés à
l’herpès, les staphylocoques et autres
maladies transmissibles par fluide
corporel”.
Un pierceur |
mode. D’ailleurs, le piercing au nombril est
devenu le rite initiatique des midinettes qui se
respectent.
La polémique
Mais récemment, une polémique a ébranlé ce petit
monde. Jean-Baptiste Guiard-Schmid, un médecin du
service des maladies infectieuses et tropicales de
l’hôpital Rotschild à Paris, a semé le trouble
dans les salons de piercing français. Le médecin a
en effet eu l’idée de se balader dans les différentes
boutiques pour étudier les pratiques en vigueur.
“Dans mes activités, j’ai été amené a
travailler sur les risques VIH et hépatite C.
J’ai été confronté à plusieurs cas
d’infection par des piercing et je me suis aperçu
qu’il n’y avait aucune législation, qu’il y
avait une hygiène exécrable chez certains
perceurs”, explique Guiard-Schmid. Si les risques
de transmission du sida sont faibles car, selon un
perceur, “il faudrait que le perceur soit assez
sournois pour réutiliser ses aiguilles”, les
menaces “d’hépatites sont réelles, tout comme
ceux liés à l’herpès, les staphylocoques et
autres maladies transmissibles par fluide
corporel”.
Ce constat avait déjà été levé le 17 avril 2000
à l’Assemblée nationale par le député-maire
d’Annecy-Le-Vieux, Bernard Accoyer. “Selon une récente
enquête réalisée en Grande-Bretagne, où comme en
France il n’existe aucune réglementation, 95 %
des médecins de famille ont ainsi eu à traiter des
complications de piercing”, avait-il alors déclaré
avant de proposer la création d’une commission
d’enquète sur les conditions de sécurité
sanitaire liée au différentes “pratiques non réglementées
de modification corporelle”.
Malgré cette mise en avant des problèmes, la
France ne s’est toujours pas dotée, à l’heure
actuelle, d’une réglementation en la matière. Même
s’il existe un principe de précaution du côté
de l’Établissement français du sang qui exclut
les dons des personnes ayant effectué un piercing
ou un tatouage depuis moins de six mois.
Le
flou juridique
Il y a là un véritable flou juridique lié au métier
même du perceur, profession qui n’est pas
reconnue. D’ailleurs les “troueurs” lyonnais
se déclarent souvent comme vendeurs de bijoux ou
sous le vocable respectable de “profession libérale”.
Pour mettre fin à cette situation, certains
professionnels de “l’effraction cutanée” sont
montés au credo. C’est un Lyonnais, perceur de
son état, qui a fondé en compagnie des plus fines
aiguilles de l’Hexagone, l’Association des
perceurs de France (Aperf), une asso qui milite
“pour la reconnaissance d’un statut et pour
informer les professionnels, tous comme les
clients”.
D’ailleurs l’association travaille actuellement,
avec l’équipe du docteur Guiard-Schmid à l’élaboration
d’un Guide des bonnes pratiques du piercing visant
à améliorer l’hygiène chez les perceurs.
Notre “testing”
Afin d’en savoir plus sur l’état général des
salons de piercing lyonnais, nous avons décidé de
nous rendre inopinément dans les boutiques de
l’agglomération. N’étant pas des “docteurs
ès piercing”, notre approche s’est limitée à
des critères relevant du bon sens (voir Testing).
La situation est extrêmement variable d’un studio
à l’autre, même si, avouons-le, nous avons été
dans l’ensemble rassurés. Il faut dire qu’une
importante délégation lyonnaise, se déplace régulièrement
aux conférences de Guiard-Schmid, comme Gaëlle
d’Artribal, Stéphane de Screeming Needle,
Dominique (le tatoueur) de Color trip, Marquis, de
la boutique éponyme et
bien évidement Dany d’Accropiercing.
Si les règles d’hygiènes ne semblent pas
toujours au top, globalement, un vent de propreté
commence à souffler dans la majorité des salons de
la ville.
Dernières recommandations
Aussi, si les risques sont bien réels, ils varient
en fonction de la qualité du perceur. Celle-ci
reste difficile à évaluer en l’absence de
formation et de label officiel de qualité.
Heureusement cela devrait changer avec l’arrivée
de normes européennes prévues pour 2002.
Néanmoins, si vous ne voulez pas patienter jusque-là,
sachez qu’il existe tout de même quelques critères
très instructifs (voir safe piercing mode
d’emploi) pour vous permettre d’éviter la
tuile.
Quoi qu’il en soit, nous vous déconseillons
vivement de vous faire triturer la peau par un
perceur sauvage, en free-party, ou dans la cuisine.
Grégory Fiori et Matthieu Gallet
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Testing |
Sommaire
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Nous sommes passés à l’improviste dans les salons de
piercing “officiels”. Renseignés sur les règles
d’hygiène à respecter, nous avons jeté un œil à
leurs équipements. Nos appréciations reposent sur des
observations "empiriques" et non sur des critères
scientifiques.
Pas
mal, mais peut mieux faire
Artribal
Un studio très propre. La salle de piercing est séparée
de la salle de stérilisation,
même
si cette dernière est dans un lieu de passage. La chaîne
de stérilisation est sophistiquée et complète :
autoclave anti-prion, bac à ultrasons,… Des
autocollants antivirus indiquent les zones contaminées.
1, rue des Capucins. Lyon 1er.
04 78 39 46 75
Accropiercing
Un véritable hôpital. Le studio est tout neuf. Il
comprend une salle d’accueil, une salle de piercing
et une salle de stérilisation très bien équipée.
L’autoclave est anti-prion. Il y a un bac à
ultrasons. Plusieurs paires de gants sont utilisées
lors des manipulations. Les aiguilles sont emportées
par une société spécialisée.
3, rue Lanterne. Lyon 1er.
04 78 39 96 05
Marquis
La salle de piercing et la salle de stérilisation
sont séparées mais
l’autoclave est d’une ancienne génération.
Un modèle récent est en commande. Sinon, le reste a
l’air d’aller.
11, place Tobie Robatel. Lyon 1er.
04 78 39 72 38.
Screeming Needle
La salle de stérilisation et la salle de piercing
sont séparées. Des autocollants “virus”
indiquent les emplacements souillés. Les murs de la
salle de stérilisation vont être ravalés. Et les règles
d’hygiène sont, semble-t-il, respectées.
46, rue de la Charité. Lyon 2e.
04 72 40 96 62
Color
Trip
Le pierceur est doté d’un bac à ultrasons et
d’un autoclave anti-prion. Par
contre, la salle de stérilisation est la même que la
salle de piercing, et elle n’est plus toute jeune.
Des travaux sont, semble-t-il, en cours pour
moderniser et créer une salle de stérilisation adaptée.
1, rue Constantine. Lyon 1er.
04 78 30 43 93
Franck Tatoo
La salle de stérilisation et la salle de piercing
ne font qu’une. Il y a un autoclave et un bac à
ultrasons. Le cadre ne respire pas la fraîcheur, des
chiens sont à proximité de la salle de piercing.
2, rue Fernand Rey. Lyon 1er.
04 78 27 73 50
Luigh spirit
Le salon est en travaux. Résultat : ce qui est déjà
fait est tout propre ; par contre, la salle de stérilisation
est en cours et pour l’instant, le cycle de stérilisation
est effectué dans la salle de piercing. Mais
globalement, ça va.
9, rue Confort. Lyon 2e.
Tatoo Gambetta
Dans ce salon, on ne perce que des oreilles, des
nombrils et des arcades. La salle de stérilisation
est la même que la salle de piercing. Il n’y a pas
d’autoclave, mais un autre type de stérilisateur.
Un appareil à chaleur sèche, nous semble-t-il.
32, cours Gambetta. Lyon 7e.
04 78 58 36 48
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